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Les 10 ans de Facebook en 18 définitions : Abécédaire numérique

1 février 2014

jaimeLe mardi 4 février 2014, Facebook a 10 ans. Réseau social numérique, le projet Facebook séduit et est adulé dans sa construction capitalistique. Aussi, Facebook fait l’objet de vives critiques (concernant les données personnelles, le respect de la vie privée…), d’analyses marketing, de discussions au quotidien. Facebook est un sujet de prédilection et de commentaires dans les médias.

Univers de tensions, phénomène unique du fait de son nombre d’utilisateurs dans le monde, Facebook est commenté par des penseurs, chercheurs et auteurs.

Il est regroupé ci-dessous 18 pensées pour mieux envisager, définir et comprendre Facebook sous un angle critique. Le 6e abécédaire numérique est consacré à Facebook : des citations, définitions extensives de mots et expressions associés à ce réseau social par des auteurs et penseurs qui comptent.

Un abécédaire numérique pour réfléchir qui complète les 5 précédents abécédaires publiés : celui de Michel Serres – partie 1 et partie 2 puis de Edgar Morin, Bernard Stiegler et Albert Jacquard.

All Inclusive

« Sur Facebook, on est en effet censé mettre en avant ce qui fait notre singularité. En réalité, sur Facebook, on créé très peu de chose. On est dans un univers « all inclusive », bercé par cette ritournelle : « Ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout. » Evidemment, c’est là qu’il faut commencer à s’inquiéter ! Car on risque de sacrifier sa liberté. »

Luis de Miranda, philosophe (Source : Le Nouvel Observateur – 2010)

Amis

« Il vaut certes mieux avoir des amis virtuels que pas d’amis, mais il serait dangereux et triste de s’en contenter. Mieux vaut avoir quelques amis réels que des centaines d’amis virtuels sur Facebook… »

André Comte-Sponville, philosophe (source : Le Monde – 2014)

Architecture de données rigide

« Facebook est un service qui ne doit son bon fonctionnement qu’à une architecture de données rigide, de laquelle on ne peut pas – pour des raisons techniques – retirer des profils d’utilisateurs. Pensez à la difficulté d’effacer votre compte sur ce réseau social… »

Antonio Casilli, sociologue (source : Mondomix – 2011)

Chambre d’ego

« Facebook permet une réelle mise en scène de soi, avec plus de place, plus d’amplitude (on peut mettre des photos, des liens de nos livres ou films préférés, etc.), et surtout il offre une temporalité plus longue pour développer la présentation de ce qu’on aime. En ce sens, on dispose là d’une vraie «chambre d’ego». D’autre part, tout le réseau est construit sur cet axe binaire «j’aime/j’aime pas», avec le côté manichéen que cela suppose. La nuance de la vie y disparaît. Cela crée le royaume numérique des bons sentiments, où c’est finalement l’esprit d’adolescence qui domine: on s’esclaffe, on met des LOL, des smileys… »

Pascal Lardellier, sociologue (source : Le Figaro – 2012)

Choix binaires

« On peut y écrire des commentaires, partager des liens, utiliser la messagerie. Mais le réseau offre en fait un festival de choix binaires. Oui ou non: j’utilise ou non une fonctionnalité, je remplis ou non une case, je consulte ou non, je clique ou non. La structure de Facebook impose ces choix simplistes. »

Chantal Francoeur, professeur en Sciences de l’Information et de la Communication (source : Observatoire du journalisme – 2013)

Clair-obscur

« Ce qu’a inventé Facebook, ce sont les messages pas tout à fait privés, et pas tout à fait publics non plus (…) Facebook joue avec la frontière entre cet espace de la conversation personnelle et celui de la publication vers le grand public, en créant ce nouvel espace en clair-obscur … Du coup, on a tout le temps peur que ça déborde. »

Dominique Cardon, sociologue (source : 20 Minutes – 2012)

Commerce relationnel

« Le service est gratuit: nous sommes donc la marchandise. On rajoute la pornographie émotionnelle : exposer ses tripes, se donner sans filtres… On ne gueule pas dans la rue que notre amour est parti, mais on a tendance à oublier la prudence dans l’aquarium qu’est Facebook. »

Carlo Karlessi (source : Le Journal du Dimanche – 2012)

Communication

« Il n’y a pas d’écriture sur Facebook. On n’y écrit pas, on y communique. L’écriture – qui culmine chez les classiques de la littérature – repose sur un travail d’élaboration. Elle est indirecte. L’impératif du réseau social énonce le contraire: dire directement, en quelques mots, sans élaboration.  Brut de décoffrage – le contraire de la pensée, le contraire de la littérature. Sur Facebook, la communication a tué l’écriture. »

Robert Redeker, philosophe (source : Médias – 2009)

Echapper à la rencontre

« Alors c’est peut-être une question d’âge, mais je n’ai aucune confiance en Facebook. Je crois en la nécessité de la rencontre. Est-ce que vraiment, par internet je rencontre quelqu’un ? Cela peut arriver mais c’est très rare.

Pour moi Facebook est plus une façon d’échapper à la nécessité de rencontrer. Pour rencontrer, il faut véritablement un plaisir de s’exprimer, faire des allers-retours. Cela ne se fait pas aussi vite. Par conséquent, j’ai peur que tout ce ne soit qu’un leurre. Je pense qu’au travers d’internet on fait un tri, et nous ne sommes jamais sincères. Être sincère c’est très long, l’ajustement des mots n’est pas une chose rapide. »

Albert Jacquard (source : Alternatives paloises – 2011)

Equipotence

« (Il) reste à inventer de nouveaux liens. En témoigne le recrutement de Facebook, quasi équipotent à la population du monde. Comme un atome sans valence, Petite Poucette est toute nue. Nous, adultes, n’avons inventé aucun lien social nouveau. L’entreprise généralisée du soupçon et de la critique contribua plutôt à les détruire. »

Michel Serres, philosophe (source : Le Monde – 2011)

Evaluer

« Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, on est toujours déjà constamment en train de catégoriser ou d’évaluer. Quand vous faites un « like » sur Facebook, vous faites de l’évaluation de document. Vous le signalez aux autres, vous dites que c’est bon. »

Pierre Lévy, philosophe (source : Julien Lecomte – 2012)

Identité

« Facebook est un mouvement particulier dans la vie des réseaux sociaux. C’est une exception car il exige de garder la même identité quel que soit l’interlocuteur. On ne peut pas avoir d’avatar. Depuis 1996-1997, la culture web voulait qu’on utilisait des avatars différents selon les personnes à qui on s’adressait. »

Stéphane Hugon, sociologue (source : MetroNews – 2012)

Impossible double

« Facebook met en jeu, en temps réel, cette gesticulation humaine: celle d’une série d’entités individuelles étrangères les unes aux autres cherchant leur impossible double. »

Luis de Miranda, philosophe (source : Libération – 2009)

Moyen de tuer le temps (ou de le perdre)

« Facebook est un état de « conscience environnementale », un moyen de tuer le temps (ou de le perdre, naturellement), un réseau de connexions qui répond à la logique de l’hypertextualité, de l’hyperlien, des moteurs de recherche sponsorisés et du « postage » compulsif. Un engrenage puissant de l’industrie globale qui trafique des bases de données, statistiques, rating télévisuels et profils psychologiques, dans un processus exhaustif de stratification, cherchant à tout prix – comme n’importe quel consultant – que le business tourne. »

Adolfo Vasquez Rocca, philosophe (source : ITECO.be – 2012)

Narcissisme

« Les limites de Facebook sont aujourd’hui de deux ordres. D’abord, je pense que Facebook nous entraîne à succomber à la tentation narcissique. Je change de statut, je change de photo, je parle de moi, je montre mes amis… Tout est fait pour nous inciter à nous vautrer dans ce narcissisme. La deuxième limite, c’est le fait de rendre explicites des choses qui sont implicites dans la vie normale. »

Nina Testut, sociologue (source : MetroNews – 2010)

Non conflit

« Tout y est fait non pas pour circonscrire le conflit, mais carrément pour le supprimer. Facebook est la « société » où le conflit n’existe pas. Le seul lien possible y est l’amitié. Si jamais quelque chose vous ennuie ou vous gêne avec l’un de vos amis, inutile d’entrer dans un débat avec lui. Vous pouvez décider unilatéralement de « supprimer » l’ami – c’est le vocabulaire utilisé sur Facebook. Toute manifestation conflictuelle y est méthodiquement stérilisée, neutralisée : les utilisateurs sont encouragés à « signaler » tout contenu qu’ils trouveraient inapproprié (textes, photos, etc.) »

Jérôme Batout, philosophe (source : La Croix – 2011)

Omniprésence comme impératif

« Sur Facebook, l’omniprésence est presque un impératif. La notion de lointain ou d’éloignement a été transformée. Notre invisibilité physique se paie par la possibilité de contrôler ou d’être soi-même surveillé sur le site. Sur Facebook, par exemple, un signal vert inscrit en marge indique que vous êtes en ligne. Il y a une injonction du réseau à être présent et actif dessus.  Il y a une incitation au contact permanent. Il faut se rendre présent, montrer des images de soi, commenter, liker. »

Anne Dalsuet, philosophe (source : Les Inrockuptibles – 2013)

Le produit, c’est vous!

« Parce que sur Facebook, le produit c’est vous. Le consommateur, c’est l’industriel qui achète vos données à Facebook et le produit, c’est vous, c’est moi, c’est tous les utilisateurs de Facebook dont les informations personnelles sont pillées. »

Serge Tisseron, pédopsychiatre (source : Le Soir – 2012)

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