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Economie de l’attention comme économie technologique de notre temps (réseaux sociaux, apps, outils de lecture…)

26 septembre 2010

L’Economie de l’attention « dirige-t-elle » notre monde contemporain ? C’est en tout cas l’un des modèles économiques sous-jacent des services en ligne, réseaux sociaux (Facebook, Twitter…), applications technologiques (iPhone, Android…) et outils de lecture (iPad, Kindle…) d’aujourd’hui.

Au-delà du discours médiatique angélique et idéaliste de l’utilisateur au centre des préoccupations du Web (Web dit « 2.0 » ou « réseaux sociaux » ou « médias sociaux »), l’économie de l’attention est marquée par quelques ambivalences notoires ; on peut notamment citer :

  • une apparente ouverture d’un champ des possibles considéré comme universel dans les utilisations avec en parallèle, une circonscription de l’écriture multimédia dans des modèles éditoriaux et techniques limitant les échanges et l’inter-opérabilité avec d’autres outils et acteurs du marché,
  • une volonté d’agrégation centralisatrice du contenu pour construire une bibliothèque de contenus reconstruisant un Web dans le web et évitant une navigation Web traditionnelle,
  • des processus de lecture formalisés limitant les notions d’hypertexte à un minima de reconnaissance et d’activités,
  • une hyper-concentration des données recueillies par les plateformes et applications sur les habitudes de navigation, les cercles relationnels, les types d’utilisation, le temps « capté » (différents temps de vie), la position géographique (localisation),
  • une organisation du temps libre comme un temps de divertissement sur ces mêmes plateformes,
  • favoriser des réactions pulsionnelles et donc immédiates (vs. un recul critique et des capacités d’analyse amoindries),
  • l’individu devient ouvertement relais et vecteur essentiels du discours promotionnel implicite (adoption de l’outil) et du pouvoir de capilarité d’utilisation (de l’outil) ; l’individu marque se faisant désirer comme un repère (dans l’outil),

… tout ceci dans un but de fournir en continu un univers de publicités contextuelles hyper-ciblées qualifiées avec une capacité de réception et d’assimilation facilitées.

Trois chercheurs du Laboratoire SENSE (Sociology and Economics of Networks and SErvices) d’Orange labs – France Télécom R&D décrivent ce concept dans le nouvel article scientifique « Économie de l’attention : Entre protection des ressources cognitives et extraction de la valeur » présenté à cette adresse et disponible en pdf (à paraître dans la revue Sociologie du travail vol 52, n°3, 2010) via deux approches :

« (…) L’économie de l’attention expose les acteurs de l’Internet et des médias électroniques à deux logiques en apparence opposées. La première, orientée vers l’utilisateur, vise à protéger l’attention de ce dernier de la surcharge informationnelle et à améliorer son allocation. La seconde, au profit des firmes, a pour objectif de capter l’attention des clients ou des auditeurs pour la monétiser. Concilier ces deux approches est à la fois une gageure pour l’innovation et un atout dans la concurrence de l’économie numérique. »

A lire pour approfondir ses connaissances sur cette interrogation essentielle contemporaine.

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