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Pourquoi les stories en ligne sont essentielles pour les entreprises et les internautes

25 avril 2017

Bon nombre d’articles fleurissent s’interrogeant ou s’indignant devant la copie effectuĂ©e du format « stories » (histoires Ă©phĂ©mères en photo, vidĂ©o et en audio), inventĂ©es dans la forme par Snapchat (dès 2013) sur les solutions appartenant Ă  la sociĂ©tĂ© Facebook : Instagram Stories (en aoĂ»t 2016), WhatsApp via les statuts (en fĂ©vrier 2017), Facebook Messenger via Messenger Day (en mars 2017) et enfin les comptes profils Facebook via Stories (en avril 2017).

Mais pourquoi donc Facebook s’intĂ©resse autant aux stories ? Plus que le fait de prendre la belle idĂ©e Ă  Snapchat, Facebook se heurte davantage au fait que les socionautes partagent de moins en moins de contenus leur appartenant privilĂ©giant la rediffusion de contenus tiers. Cf. l’article de Fortune (avril 2016) : Facebook Users Are Sharing Fewer Personal Updates and It’s a Big Problem.

Les stories ou l’Ă©quation de la participation hyper-active des socionautes sur les plates-formes

Or, le taux d’exposition individuel et la participation active des utilisateurs de Facebook via de la production personnelle publiĂ©e (posts, photos, vidĂ©os, stories) permet Ă  Facebook de valoriser ses solutions financièrement. C’est mĂŞme un incontournable : affiner la connaissance des 1,7 milliards de profils prĂ©sentes sur le rĂ©seau social numĂ©rique et sur ses applis tierces (Messenger, Instagram, WhatsApp) et donc de pouvoir vendre aux annonceurs et intermĂ©diaires, de la publicitĂ© avec un ciblage très fin. Sans cela, point de salut pour la firme cofondĂ©e par Mark Zuckerberg.

Les stories rĂ©pondent Ă  la problĂ©matique du taux d’engagement de l’Ă©cosystème Facebook : que l’individu via son profil soit rĂ©ellement actif et touche ses connaissances et amis en les fidĂ©lisant ; tout en sachant que les entreprises et les marques embrassent ce nouveau genre d’expression, de communication, de marketing et de vente avec un intĂ©rĂŞt de plus en plus marquĂ©.

La question essentielle est de savoir si les stories constituent un nouveau format, genre et paradigme du Web social (le web oĂą l’on exprime : rĂ©seaux sociaux numĂ©riques, messageries instantanĂ©es, blogs, forums…). Il semble bien que oui et cet article vise Ă  expliciter ce qui fait l’originalitĂ© de la story pour communiquer, marketer et vendre.

Parcourons 16 caractĂ©ristiques qui font que le genre « story » compte aujourd’hui de façon essentielle sur le Web pour les individus et les entreprises… Et qu’il faut y prĂŞter une attention particulière.

ronde

16 caractéristiques des stories comme vecteur de communication, de marketing et de vente

1. La story est un outil privilégié du web mobile

Sans smartphone et de capteur photo, pas de story! La story existe car le mobinaute se place en position de filmer, de lĂ©gender, d’apposer des filtres, des stickers, des emoji et de dessiner sur une suite de sĂ©quences vidĂ©o, photo et audio et de leur donner un sens. Le format privilĂ©giĂ© de prise de vue est le portrait.

La dĂ©mocratisation de la story et son avènement correspondent Ă  la fonctionnalitĂ© rendue possible par Snapchat qui invite Ă  la crĂ©ation plus qu’Ă  la consommation de contenus.

Ce point constitutif  de Snapchat vise Ă  coller Ă  l’instantanĂ©itĂ© de la prise de vue photo ou vidĂ©o : apposer originellement une diffusion mobile, lisible uniquement sur mobile et « ergonomiquement » conçue pour le mobile.

La story ne relève pas de l’ordinateur : elle l’exclue mĂŞme de ce champ. Les stories sont rĂ©alisables, diffusables, consultables et partageables sur mobile.

2. La story capte l’attention visuelle

Difficile de trouver un format plus addictif que la story sur le Web. L’Ă©conomie de l’attention s’y retrouve. Regarder, consulter voire rĂ©agir Ă  la story qui se construit sur 24 heures pour l’oublier ensuite.

Car la story n’est pas un film ou une prĂ©sentation. C’est un format qui apparaĂ®t et qui se nourrit avec une ou plusieurs sĂ©quences rĂ©parties sur le temps.

Bref, la story introduit une hyper-attention : celle de l’envie de dĂ©couvrir la suite, de se nourrir de l’attente et peut-ĂŞtre d’attendre l’Ă©pilogue au bout de 24 heures.

Ce sont des sĂ©quences de vie pour les socionautes, du marketing expĂ©rientiel pour les entreprises et les marques. Les stories sont des historiettes oĂą le « il Ă©tait une fois » prime sur la photo figĂ©e dans l’instant ou la vidĂ©o isolĂ©e dans son cadre de rĂ©fĂ©rence ou son contexte.

La story reconstruit la vie avec un effet de zoom sur le rĂ©cepteur : « ce que je dis s’adresse d’abord Ă  toi » dit la sĂ©quence.

3. Le visuel de la story comme point focal de la communication et de l’attention (expĂ©rience utilisateur)

Par ailleurs, avec la story, c’est le visuel qui est le point focal de la communication et de l’attention. La camĂ©ra/appareil photo mobile avec l’Ă©cran de prise de vue et de rĂ©ception constitue un nouveau langage qui tend Ă  se substituer au clavier de l’ordinateur.

« L’image dit plus que le texte » cherche Ă  nous dĂ©clamer la story du cĂ´tĂ© de l’expĂ©rience utilisateur. L’image remplit l’Ă©cran en mode portrait. Le texte devient secondaire : la photo et la vidĂ©o ont gagnĂ© et font le message premier mĂŞme si des artifices tels les stickers, les filtres, les plages textuelles et les emoji viennent agrĂ©menter le visuel.

Jamais l’image n’a Ă©tĂ© aussi expansive sur le Web pour crĂ©er et aussi pour la visionner. Les formats habituels d’hĂ©bergement de vidĂ©os en ligne tels YouTube, Facebook, VimĂ©o ou mĂŞme au format court tel Twitter ou Vine sont encore bordĂ©s et accompagnĂ©s de textes. La story s’en affranchit volontairement et pleinement.

4. Le format « stories » stimule la production de contenus par les utilisateurs

Si la story est addictive en mode rĂ©ception, elle l’est aussi en mode conception et publication. Pour la première fois, un format permet au mobinaute/socionaute de crĂ©er facilement et de publier de la vidĂ©o et des photos sur le web en associant des plans sĂ©quence sans se soucier outre mesure des difficultĂ©s de connexion, de l’apprĂ©hension de la prise en main d’un logiciel de montage et de la gestion de cet hĂ©bergement.

Jour après jour, la production-publication de stories qui n’est pas que l’apanage des adolescents se trouve placĂ©e aussi dans le choix de ses rĂ©cepteurs : amis, connaissances ou grand public de ces plateformes.

Le « Il Ă©tait une fois » de l’Ă©metteur s’inscrit dans le quotidien de ses pratiques mobiles. Le smartphone est immĂ©diatement disponible et le compagnon de vie favori du socionaute aujourd’hui.

petits papiers

5. Les stories tuent le fil de nouvelles algorithmique (newsfeed)

Si Facebook a créé le flux d’actualitĂ© (newsfeed) qui sĂ©lectionne par algorithme ce qui sera vu par l’internaute et le mobinaute selon un choix arbitraire du service, la story rĂ©investit dans le choix de l’utilisateur Ă©metteur de story. C’est lui qui est maĂ®tre de la visibilitĂ© de sa story.

Le newsfeed est aussi sacralisĂ© par la consultation verticale… très adaptĂ©e Ă  l’ordinateur et qui cherche Ă  attirer l’oeil par blocs de contenus Au contraire, la story et les stories qui s’enchaĂ®nent sont des continuum de sens qui se consultent en mode horizontal.

Le mobinaute fonctionne plus dans son quotidien par pastilles de vie que par des statuts oĂą le texte est toujours l’entrĂ©e favorisĂ©e (Facebook, Twitter, LinkedIn…).

Du dĂ©but Ă  la fin, la story est une unitĂ© de sens consultĂ©e et partagĂ©e comme telle par l’Ă©metteur et envisagĂ©e comme telle par le rĂ©cepteur.

6. Les stories réinventent les réseaux sociaux numériques

Les stories donnent du souffle aux marques de réseaux sociaux numériques. Elles y insufflent une nouveauté au moins aussi importante que le hashtag (mot-clé) il y a quelques années.

Les rĂ©seaux sociaux numĂ©riques nĂ©s avec l’ordinateur ont adaptĂ© leurs fonctionnalitĂ©s aux outils mobiles… Mais doivent dĂ©sormais prendre en compte que le mobinaute est un socionaute : un individu connectĂ© en permanence qui s’informe, se distrait, travaille, vit ses temps de loisirs et personnels comme une continuitĂ©.

L’adaptation du rĂ©seau social numĂ©rique Ă  l’expĂ©rience utilisateur se doit d’ĂŞtre facilitĂ© par un vĂ©cu immersif plus que par des vignettes d’instants parfaits travaillĂ©s dans le rendu.

La story n’est pas l’exposition d’un moment parfait (image, post/article ou statut stylisĂ©). Elle se situe plus comme le partage de moments « authentiques ». D’ailleurs, les filtres, dessins, stickers, emoji et textes cours possiblement compris dans les stories sont lĂ  pour montrer et souligner l’imperfection de ce qui est partagĂ© avec ce message en filigrane : « le Web c’est comme la vie ».

7. Les stories rélinéarisent le Web

Trouver le bon contenu, le bon format à publier en ligne au bon moment. Voilà qui a mobilisé les communicants et marketeurs ces dernières années pour performer et être efficaces.

Avec la story, on reconstitue un programme sur la durĂ©e : on rĂ©linĂ©arise le Web en introduisant l’histoire comme fil conducteur.

Si le choix de l’horaire de dĂ©but de la story s’avère essentiel dans la stratĂ©gie numĂ©rique des entreprises et des marques, on trouve avec celle-ci, la possibilitĂ© de diffuser un flux continu, disponible partout, tout le temps, tout en captant l’attention ce qui relevait jusqu’Ă  maintenant du challenge surtout sur les rĂ©seaux sociaux numĂ©riques.

8. Les stories chroniquent et rĂ©inventent le quotidien des gens… et des marques

Les stories remettent au coeur du Web et en perspective la narration et réinventent une forme nouvelle de la chronique, genre littéraire et discursif si attaché à la Presse écrite.

Mettre en forme le rĂ©cit de sa vie, ce peut ĂŞtre le point d’attache des stories. Car elles forment un rĂ©cit, un storytelling aussi.

Avec la story, on se raconte Ă  soi et aux autres dans un format visuel composite oĂą la vidĂ©o cède la place Ă  la photo ou inversement dans un rythme imposĂ© par l’Ă©metteur, un cadre de vie en quelque sorte.

Avec la story, on patiente et on s’impatiente de dĂ©couvrir la suite. Le genre de la chronique est revisitĂ©.

machine à écrire

9. Les stories introduisent l’Ă©motion avec les stickers, les emoji, les filtres et les dessins

L’image est un vecteur d’émotions instantanĂ©es. Tel pourrait ĂŞtre le credo des stories qui forgent leur essence que ce soit avec de l’image fixe (photos avec compte Ă  rebours) ou images animĂ©es (vidĂ©os). La composition de sĂ©quences Ă  partir de ces 2 formats peut apparaĂ®tre relativement pauvre en termes de crĂ©ativitĂ©.

C’est sans compter sur les dessins, les filtres, les Ă©moji et les stickers qui offrent toute Ă  la fois une contextualisation et des Ă©lĂ©ments d’information sur les scènes ainsi que des bulles (version bande dessinĂ©e) pour souligner un fait ou un aspect de l’image.

Mais la contextualisation va plus loin : elle intègre l’oeil et le positionnement de l’Ă©metteur. Dans Snapchat, l’Ă©metteur peut crĂ©er un « bitmoji », bref un avatar incarnant un personnage pour mieux le placer dans les scènes de la story.

L’Ă©metteur est donc Ă  la fois le narrateur, le point de vue, l’oeil et le personnage principal de la story que ce soit en mode selfie ou en mode de prise de vue oĂą se porte son regard.

10. La story remet le local et la géolocalisation au coeur du Web

Avec les stories, le local regagne du terrain sur le Web. Les gĂ©ofiltres (appelĂ©s « geostickers » sur Snapchat) indiquent avec prĂ©cision le lieu oĂą se situe la sĂ©quence de la story.

Or, on sait que la confiance de l’internaute est liĂ© Ă  un territoire qu’il connaĂ®t dans la vraie vie.

La force du lieu comme endroit de prise d’image/vidĂ©o est renforcĂ©e par la story : la situation se place au coeur de l’action. Elle porte un Ă©lĂ©ment distinctif, connaissance portĂ©e Ă  la cible et Ă  l’audience.

11. Les stories redĂ©finissent le partage d’expĂ©riences sur le Web

De quelle nature est la story sur le Web ? Elle reflète une expĂ©rience et s’inscrit Ă  plein dans une tentative de redĂ©finir la manière de partager son quotidien outre que par des vignettes de statuts tels qu’ils apparaissent habituellement chez Facebook et Twitter par exemple.

La story rĂ©introduit le temps long de la narration par une juxtaposition d’instants dynamiques qui Ă©pousent un fil rouge d’unitĂ© de sens.

Comme en marketing expĂ©rientiel, on peut tout Ă  fait théâtraliser les scènes pour impliquer l’usager Ă©metteur (qui se filme lui-mĂŞme en mode « selfie »). Cette implication forte du narrateur a pour but de gĂ©nĂ©rer chez la cible une connivence censĂ©e faciliter la crĂ©ation d’une relation particulière entre l’Ă©metteur individuel (ou la marque) et le rĂ©cepteur.

12. Les stories constituent font le bonheur des messageries instantanées de pair à pair

Outre le fait que les stories peuvent s’adresser Ă  des audiences grand public, elles sont d’abord destinĂ©es Ă  ĂŞtre partagĂ©es dans des cercles d’amis et/ou de connaissances ce qui renforce les messages qu’elles contiennent.

L’adhĂ©sion Ă  la story s’effectue par ce caractère d’exclusivitĂ© qui s’opère dans un cercle restreint d’Ă©changes, de partages, de commentaires avec une couche de questions-rĂ©ponses par messages privĂ©s.

Car la story possède intrinsèquement un caractère inĂ©dit, spĂ©cifique, particulier qui, souvent, se comprend et s’envisage uniquement dans un cercle de pair Ă  pair.

La story est un mĂ©dia se situant entre le « one to many » (de 1 vers plusieurs – diffusion « broadcast » classique) et le « one to one » (de 1 vers 1).

livre

13. Les stories sont placĂ©es sous le signe de l’Ă©phĂ©mère et donc de la fidĂ©lisation

24 heures, c’est le timing maximal dĂ©diĂ©e Ă  la story et Ă  ses sĂ©quences. Cette notion d’Ă©phĂ©mère dĂ©livrĂ©e par Snapchat dès la crĂ©ation du rĂ©seau de pair Ă  pair a singulièrement transformĂ© la notion « timeline » jusqu’alors dominante chez Facebook, Twitter, LinkedIn et consorts.

Les Ă©pisodes Ă©phĂ©mères volontairement gĂ©nĂ©rĂ©s invitent Ă  la fidĂ©lisation : ne pas manquer la story et appeler Ă  regarder la suivante. C’est le suivi d’un compte qui fidĂ©lise et la chronique instaure l’envie d’un plus.

La fidĂ©lisation : c’est aussi vouloir recevoir dans son espace Web l’Ă©phĂ©mère comme la signification d’une exclusivitĂ© dans le temps. La story parle au socionaute comme un tĂ©moignage de vie.

14. La story est de l’ordre de l’intime exposĂ© : journal extime

La story, c’est le journal intime exposĂ© au socionaute : un journal extime. La story se veut une construction de moments de vie, une narration de soi (ou de la marque) portĂ©e vers l’autre.

Ce qui rend attachant la story, c’est l’ambition de la personnalisation du message Ă©noncĂ© comme tel ; un lien créé de l’ordre de l’intime entre l’Ă©metteur et le rĂ©cepteur qui constitue une sorte de promesse… Un storytelling Ă©tabli avec soin qui cherche tout autant Ă  convaincre qu’Ă  raconter.

15. Les stories introduisent le regard du « je »

La story n’existe qu’Ă  travers le prisme de son narrateur. C’est le regard du « je » Ă  la fois sujet et auteur des sĂ©quences qui se joue ici. Un positionnement intĂ©ressant qui place le narrateur comme acteur des images et/ou vidĂ©os de la story.

La story implique donc directement le narrateur. Cette personnalisation invite à une plus grande adhésion aux messages apportés dans la story de la part des personnes la consultant.

MĂŞme lorsqu’il s’agit de marques et entreprises, c’est le format de reportage avec implication du possesseur du smartphone qui prime.

16. Les stories sont des amies ultimes de la publicité en ligne

Oui, avec la story, la publicitĂ© retrouve ses petits. En relinĂ©arisant le programme, on peut aisĂ©ment glisser de la publicitĂ© entre les sĂ©quences d’une mĂŞme story.

Bref, la publicitĂ© regagne ses lettres de la noblesse avec la story car elle peut s’insĂ©rer aisĂ©ment au sein de la narration.

C’est la promesse qui fait que la publicitĂ© aime le format story et que cela va inĂ©vitablement aider les stories Ă  fleurir sur les marques de rĂ©seaux sociaux numĂ©riques et les messageries de pair Ă  pair.

Crédits photos : Pixabay.


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